[Je publie tel quel ce billet inachevé de mars dernier. Lorsque je me lance dans la rédaction d'un billet de blog, je sais plus ou moins de quoi je vais parler, mais j'ignore la raison profonde de cette pulsion. Je la découvrirai au fil de l'écriture, assez tard, et je saurai où mettre mon point final, derrière quel mot. Vous savez, cette petite chose innommable et qui démange, je ne sais où, et qui soudain se détache grâce aux mots, se libère de vous et vous libère d'un rien, d'une poussière. Ici, rien de tel. Là où ce billet s'arrête, si le sens pour vous est complet (il s'agit bien sûr de mes sempiternelles plaintes quant au temps qui a fui), il ne l'est pas pour moi. La petite chose ne s'est pas détachée, qui se serait détachée toutefois si j'avais poursuivi ce texte, j'en suis sûr — encore qu'il y ait dans les archives secrètes de ce blog six ou sept brouillons, autant d'esquisses, d'esquives, d'accouchements différés dont j'ai fini par avorter, parfois par paresse. En relisant ce texte, j'ai estimé qu'il faisait sens, malgré qu'il ne donne pas sa lumière. Il est encore en quête, en train, en retard, en retour, en cascade, en casquette, à venir. Il me fait penser, bien que je ne sois pas d'humeur lugubre, à un ultime voyage. Un type enthousiaste part se balader, comme il en a l'habitude, et puis il ne rentre pas. Il disparaît. On ne sait rien de lui, sinon qu'il est parti. Partir, cela arrive...]
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