C'était hier... Une de ces magnifiques journées ensoleillées d'automne comme on rêve d'en revoir une dernière quand, par exemple, au fil macabre de février, menace la Faucheuse de vous givrer à jamais, de vous emporter loin, définitivement. La plus belle journée depuis mon retour d'exil, le 3 juillet. Y aura-t-il un automne, s'il n'y a pas eu d'été ?
Je peux être difficile, vite agacé, angoissé, nerveux. Un rien de ciel bleu, du soleil, et me voici ravi. C'est par de semblables journées que la beauté du monde irradie et que la vie se justifie, quand même serait-elle, comme la mienne, pénible à vivre parfois. Je renonce à comprendre comment je fonctionne. Est-ce psychologique ? Est-ce physiologique ? Est-ce, plus subtilement, à la fois esthétique et spirituel ? Relisant hier soir quelques belles pages de Denis Grozdanovitch consacrées à Tchékhov dans son Art difficile de ne presque rien faire, j'ai peut-être trouvé la réponse à mon complexe rapport au monde : « Ce n'est ni exclusivement en nous-mêmes ni dans une confiance aveugle en la sagesse supérieure d'un être transcendant qu'il nous faut chercher l'éventuel bonheur, mais plutôt dans une fusion panthéiste avec la nature, avec le cosmos ambiant auquel nous relient matériellement, organiquement, nos corps vivants. »






